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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 06:29
devinette3 Vous vous souvenez de ma première baignoire ? Oui, celle que j'ai faite à l'ancienne. Là, il manque encore les pieds, le robinet et ... la baigneuse.
Bon, c'était pas trop dur, vu que j'avais déjà fait des "récipients". 
Je l'aime bien cette forme de baignoire.
Mais si vous suivez bien, la baignoire en question est en faïence ! Pas en porcelaine.

Et puis... si vous vous souvenez de mon article:
vous comprendrez que je ne m'éloigne pas beaucoup de mon thème de la gourmandise, dans mes créations actuelles.
Alors...
Pourquoi suis-je si émue ?
Attendez, ne soyez pas impatients, je vais vous en parler.

Il faut vous dire que j'ai le trac depuis que l'idée m'a été donnée.

J'ai fini par me lancer, et... timidement, "elle" est née.
A partir d'une petite motte de terre de porcelaine crue, un bol d'eau à côté, me voilà partie pour ma toute première fois... soyez indulgents svp !

Tadam... voici mon
premier buste 

Je vous montre la première étape:

buste-profil.jpg
Oui, oui, je sais, elle n'a pas encore de tête, elle a un sein plus gros que l'autre et ses bras ressemblent à de gros boudins pour l'instant. Juste derrière le buste, il a le bain de chocolat (pas encore cuit ni peint en marron) dans lequel elle va se prélasser.
buste-face.jpg

Je prends mes photos en début de séances, donc elle a bien avancé depuis cette photo mais vous verrez la suite vendredi prochain.
Là, j'avoue qu'elle a un peu des épaules de déménageur  ou de nageuse de compétition 

Le plus dur, c'est la tête !
Il faut dire que ma baigneuse fait à tout casser 10 centimètres... plus c'est petit, plus c'est difficile, paraît-il...

Heureusement que la prof est patiente, car elle non plus n'avait jamais travaillé de buste EN PORCELAINE. 
Elle a déjà fait des tas de bustes en autres terres, mais il paraît que la porcelaine est plus difficile à travailler que les autres terres pour les statues.

Moi, je ne voulais pas qu'elle soit dans une autre matière que la porcelaine. Oui, je sais, je suis chiante 

A un moment, j'ai failli foutre la tête par terre ou la lancer contre un mur, car je n'arrivais pas du tout à la travailler. Dès que je la saisissais par un bout,  ça enfonçait ce que j'avais fait de l'autre côté. J'avais beau rajouter de la terre au dessus des yeux, elle se retrouvait toujours avec un front fuyant. Bref, l'horreur !
Il faut savoir que la porcelaine se travaille mouillée. Et donc ça ... glisse. 

Merci Prof vénérée ! Elle a été d'une patience angélique, m'a encouragée et j'ai persévéré, avec son aide appuyée.
Il y a une super ambiance dans l'atelier et on s'encourage bien les uns les autres quand c'est nécessaire, entre élèves aussi. 

J'ai besoin des conseils de ceux qui font de la peinture sur porcelaine:
 Quels pigments me conseillez-vous d'acheter pour peindre cette dame au bain?
Sachant qu'elle est de type européen, qu'elle sera sans doute rousse ou blonde, que je n'aime pas les tâches de rousseur, ni les peaux trop blafardes...
Oui, je sais, je vous en demande beaucoup, mais je l'ai dit plus haut, je suis une casse pieds, une eùerdeise, chieuse et chiante doublee d'une chipie 

Merci à vous tous  pour votre visite et vos commentaires !
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Ecrit par Aude Terrienne - dans Du bloc à la sculpture
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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 08:46

 

bonbonniere-1.jpg

Petite bonbonnière

 

je la travaille parallèlement à mon service d'assiettes gourmandes, 

quand il me reste quelques minutes avant la fermeture de l'atelier.

 

 

Histoire à suivre ... 

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Ecrit par Aude Terrienne - dans Peinture sur porcelaine
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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 11:06

Pour continuer mon abécédaire gourmand

 commencé ici Crayon gras, petits pinceaux et putoisage... :

mangoustan1.jpg

Après la papaye, voici le mangoustan.

Bien sûr, ce n'est que l'ébauche,

après la première cuisson vous verrez l'évolution de la bestiole 

les couleurs définitives ne sont pas celles que vous voyez là 

mangoustan2.jpg

Mangoustan, d'un peu plus près.

J'ai pris mes photos sous différents éclairages à l'atelier, d'où la différence de couleur, mais c'est bien la même assiette.

Bonne journée !



 

 

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Ecrit par Aude Terrienne - dans Peinture sur porcelaine
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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 23:37

 

 

Je sais, vous allez me dire:

Aude tu ne fais que parler des autres blogs !

 

Oui, mais j'aime bien aussi ce blog.

Et aujourd'hui, jusqu'en février, 

vous avez le droit d'aller voter chez elle !

là :aubeEst

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 06:39

vuedudessusmonvillage.jpg

On parle des quatre dimanches del'avent.

Pourquoi avent et pas avant ?

Voyez ici:lien

 

maisonrougetroisquarts.jpg

Moi, je vous parlerais bien des dimanches de l'après.

Je vous ai déjà parlé du sapin, là Vedette d'un jour, vedette toujours ?

 

crecherosedessables.jpg

J'ai du mal à me décider à emballer mon village cette année,

comme tous les ans. 

mon-village.jpg

Souvenez-vous, cette année, il y avait une épaisse couche de neige et je n'ai pas pu mettre de végétation pour poncture mon paysage.

Voilà, c'est l'heure de ranger ces maisons que j'ai faites ...

sniiiiiiiiiiiiif !


Avant de partir, allez faire un tour du côté

de la Provence, 

n'oubliez pas de mettre votre cape rouge

et de prendre votre galette et votre petit pot de beurre...

lien

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 00:00

C'est son dixième anniversaire aujourd'hui !

Réjouissez-vous.

Hé mais qui est si jeune ?

Ni moi, ni mes enfants.

Non, un site très utile à beaucoup d'entre nous:

Wikipedia en chiffres

Il ya les statistiques et les comparaisons de taille déjà disponibles , mais nous devons recueillir le plus grand nombre possible pour créer de nouveaux à partager. Forte infographies , comme Wikipedia que des livres , nous aider à réfléchir sur nos réalisations au cours des dix dernières années.

Wikipedia en anglais imprimé en 1.500 livres
  • Combien de temps cela prendrait-il pour lire Wikipedia dans son intégralité?
  • Combien cela coûterait-il d'écrire Wikipedia?
  • Nombre de mots, les modifications, les contributeurs au total au cours des dix dernières années.
  • Nombre de mots / articles uniques par rapport aux encyclopédies traditionnelles du passé.
  • Que pour cent des villes / villes ont leurs propres articles? Quel est le pourcentage de villes / villes sont manquants?
  • Quel est le pourcentage de collèges et universités ont un article?

Happy birthday Wikipédia !

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 06:07

papaye-1.jpgJ'ai commencé une nouvelle série d'assiettes en atelier de peinture sur porcelaine. Vous vous souvenez que le thème de l'expo cette année est la gourmandise.

J'ai la chance d'avoir grandi au Vietnam, pays où les fruits sont d'une variété et d'un goût extraordinaires. 

J'ai donc décidé de faire une série d'assiettes à dessert sur le thème des fruits exotiques, pour l'expo. 

 

papaye2.jpg

Que pensez-vous de ma première assiette ?

C'est une papaye.

Ne vous exclamez pas sur le... filet (merci Sittelle pour le terme exact) bleu, c'est ma prof qui l'a fait, pas moi ! Il est PARFAIT.


Par la suite, je vais continuer la série par des grandes assiettes et par des assiettes à soupe

Mais avec une particularité: je vais faire l'alphabet alimentaire illustré !

Par exemple:

A:asperges

B:betteraves

C:carambole, etc...


monogrammes.jpgJ'avais commencé des lettres à l'ancienne, mais à juste titre, la prof trouve que ça tranche trop avec mes fruits traités de façon moderne et avec la couleur dynamique du bleu Rouen que j'ai choisi.

 

Quand j'aurai fini la série d'assiettes, je peindrai l'initiale de chaque fruit, mais pour l'instant, on n'a pas encore décidé dans quelle police l'écrire. 

Y-z.jpg

Autant vous dire que pour les lettres u, v, w, x, z, on n'a rien trouvé...

A vous de bosser !

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Ecrit par Aude Terrienne - dans Peinture sur porcelaine
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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 15:41

autofamilleLes citadins sont un genre assez particulier à observer, vous ne trouvez pas?

 

Je laisse la parole à mon copain, il va vous en parler.

" Je suis une vedette quelques semaines avant mon apparition, et pourtant, il me faut des années avant de pouvoir vous rendre visite.

Saison après saison, je monopolise plusieurs personnes, directement ou indirectement. Plusieurs métiers vivent grâce à moi. 

Et puis, un jour, mon impressario juge que je suis prêt.

Alors, mes copains de primaire, ou de collège, ou parfois de lycée (eh oui, nous ne sommes pas tous destinés à la même audience, donc on nous met sur le devant de la scène à des âges différents) ou d'université et moi, on nous inspecte une dernière fois. Certains pleurent de voir qu'ils ne sont pas sélectionnés.

Malheur à ceux qui n'ont pas grandi droit et dont les dents ne sont pas alignées. Malheur à ceux dont la chevelure paraît trop parsemée ou effilochée. Malheur à celui dont la colonne vertébrale d'apparence droite et solide se casse lors du rassemblement. 

On nous fait monter dans de beaux camions ronronnant, on nous mène à notre gare de triage. Pas besoin de préparer nos bagages, on nous a tous briefés, nos familles d'accueil nous fourniront tout le nécessaire. 

Le bruit court que certains seront affublés de manteaux molletonnés hideux, de couleurs plus ou moins criardes, comme du rouge ou de l'orange, du blanc ou du violet, bref nous partons pour le carnaval. 

Des hommes mal payés nous manipulent au petit matin pour nous descendre du camion et nous parquer très serrés. Déjà, certains d'entre nous commencent à tourner de l'oeil et virent au gris. Mais c'est trop tard, ils ne seront pas évacués. Les manipulateurs s'en vont et nous passons quelques heures à lancer des regards apeurés autour de nous. A nous lancer des appels de plus en plus assurés au fur et à mesure que nous voyons qu'ils ne provoquent nulle catastrophe.

"Arthur, t'es là ?"

"Oui, mais j'ai pas vu Bertha. Bertha ! Quelqu'un a vu Bertha ?"

Le répit est de courte durée, dès le lendemain, des hordes de gens se précipitent. Des papas tenant les enfants sur leurs épaules, des mamans dubitatives, des grands pères gringalets et des jeunes cadres dynamiques, tout le monde se met à nous tripoter dans tous les sens, notre pudeur en prend un coup. 

Et c'est la séparation définitive de nos copains de classe, après avoir été mis dans des filets (des fois qu'on ait envie de se sauver, vous comprenez) et coincés dans des coffres de voitures surchauffées. 

Après, on nous débarque et quelques disputes éclatent dans nos oreilles:

"Chaque année c'est pareil, tu en prends un trop grand/petit,

tu vois bien qu'il est dégarni du haut,

je ne trouve pas le carton, où as-tu mis ce foutu carton..."

Nos chaste oreilles en prennent un coup parfois.

Avec un peu de chance, ça se passe très bien et tout le monde rit et prend du plaisir à nous parer, nous entourer, on écoute de jolies histoires et on commence à se sentir chez nous dans cette nouvelle famille d'accueil.

Bon, je ne vous cache pas que souvent on a trop chaud !

Mais après tout, nous pouvons penser que l'été est en avance. 

Voilà à quoi nous ressemblons quand notre famille nous a enfin adoptés:

sapin1.jpg

Mais quelques jours, ou quelques semaines plus tard, on nous maltraite, et on finit à la rue, comme une chose insignifiante et qui ne pourra plus jamais servir.

sapin2.jpg

Certains ont la chance d'avoir été complètement déracinés et finissent leur vie dans un coin de jardin trop petit avec une terre mal adaptée, regrettant nos tendres et vastes forêts des Vosges ou d'ailleurs."

Hé oui, le sapin de Noël est un marronnier, un sujet récurent, dont on ne parle qu'une fois l'an, on sait pourquoi, c'est la nativité d'un Dieu, que les citadins fêtent en tuant un arbre. 

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 11:01

coeur de terre

Pour mon coup de pouce du dimanche,

je vous invite à visiter un blog

très intéressant !

Son inspiration est assez éclectique, selon l'humeur du jour.

Alors j'ai du mal à vous en parler.

Le mieux est d'aller voir :

 

Et surtout, lisez le préambule qui est savoureux !

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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 08:17

Bagatellejuin-001.jpgJe me suis amusée à broder autour de l'idée de  Jill-Bill (voir son blog ici:lien ), j'espère que mon texte vous plaira ?

Toute ressemblance avec des personnages existants est purement fortuite !

~~~~~~~~

«Zut, j'ai oublié de prendre rendez-vous ! »

Je lève la tête, interloquée.

« Où ça ?

- Chez Labro.

 - Ah, pourquoi ? Ai-je demandé prudemment, ne voulant me montrer ni inquiète, ni indiscrète, ni indifférente.

 - Les soldes commencent mercredi.

 - Elles ont commencé lundi dernier en Belgique.»

 Je cherche un moment la relation entre les soldes et le docteur Labro, mais voyant ma mine hagarde, ma fille me répond sur un ton exaspéré:

 « Ben oui, il me faut des bas de contention.

 - Ah, c'est vrai, dis-je d'un air entendu.»

Je casse mes œufs et mélange mon appareil à quiche.

« Tu peux en demander à la pharmacie et ils te les avanceront sur ta prochaine ordonnance. Tu aurais pu t'y prendre plus tôt, non ?»

 Je trouve exagéré de demander des bas de contention pour les soldes, je n'en portais pas étant serveuse, mais bon...

 

Mardi matin.

Pauline passe une heure dans la salle de bains, comme tous les matins. Nous nous demandons toujours ce qui lui prend tant de temps. Nos enfants sont les plus beaux du monde, c'est bien connu, alors pourquoi se pomponner ainsi ?

Elle dévale tout à coup l'escalier, attrape un morceau de quiche emballé, une bouteille d'eau, fourre le tout dans sa besace bien remplie et, lançant un « à ce soir » à la cantonade, file attraper son train.

 

 

Mardi soir.

Marc est énervé, un dossier qui n'avance pas au bureau, la pression des délais à tenir, la crainte d'être moins performant que ses coéquipiers et d'être mal noté, voire renvoyé.

Il gare la voiture et rentre chez lui.

Léa l'accueille comme … oh comme il y a bien longtemps, quand ils étaient jeunes mariés. Dîner soigné, tenue sexy, le grand jeu.

A la fin du repas:

« Dis, ça ne t'ennuie pas de me laisser la carte bleue demain ?

 - Tu as perdu la tienne ?

 - Non, mais le compte courant ne va pas suffire.

 - Hein, mais que vas tu encore acheter ?

 - Ça ne te coûtera rien.

 Marc la regarde, amusé.

 - Si c'est gratuit, pourquoi veux-tu la carte ?

 - J'ai fait mes repérages, d'ailleurs ça m'a épuisée.

Il lève les yeux au plafond -tiens, il faudrait le repeindre- sa femme a perdu la notion du mot « épuisant » depuis qu'elle ne travaille plus.

Il tend la carte en faisant semblant d'écouter les merveilleuses économies qu'ils vont faire -à acheter des vêtements inutiles et des draps encombrants- dont sa femme lui parle sur un rythme de mitraillette. Il sait très bien qu'elle lui achètera une minable cravate et remplira leur armoire de toutes ces robes dont le prix est inversement proportionnel à leur solidité. Ce qui le sidère le plus, ce sont ces couleurs qui changent d'une année à l'autre et passent du statut de « indispensable » à celui de « cauchemardesquementringarde ».

 

L'an passé, Léa avait méprisé les "foldingues" qui se précipitent dès le premier jour des soldes et avait doctement expliqué à son mari qu'elle irait à la démarque de 70%, la deuxième ou troisième semaine. Cette année, elle changeait de tactique, disant qu'on ne trouvait que des horreurs dès le troisième jour.

 

Mardi.

Pauline, tout sourire, ravissante dans sa robe moulante, la coiffure aussi impeccable que si elle sortait de chez le coiffeur, fait le tour de ses collègues pour les saluer. Elle file au vestiaire et change ses superbes bottes à talons pour des escarpins violets plats. Elle commence à étiqueter les boites. Cela fait presque une semaine qu'elle travaille ici. C'est tout à fait différent dans ce magasin là. Il y a plusieurs réserves, les boites ne sont pas rangées par ordre alphabétiques selon le nom du modèle, mais selon le code chiffré. Les piles sont partout, dans les couloirs, les pièces, sur l'escalier, piles si hautes qu'il faut un escabeau. Mais dans le couloir, impossible de déplier l'escabeau, pas de place. Les soldes commencent demain, Pauline a presque fini d'étiqueter. Plusieurs fois elle a manqué faire tomber toute une pile en prenant une boite. Elle doit déplacer des colonnes pour atteindre une autre dans les angles des étagères. 

La gérante vient de lui dire qu'ils attendent une nouvelle livraison. Mais où vont-ils mettre tout ça ?

Ce sont des chaussures de la nouvelle collection. Les clientes, si contentes de faire des affaires en or avec la collection d'hiver, vont acheter à prix fort une paire de chaussures d'été...

 

 

Mercredi

Léa enfile de jolis sous-vêtements, elle se souvient de la honte qu'elle a eue aux derniers soldes, elle portait un soutien-gorge grisâtre et avait essayé une robe sans bretelles. Pas de miroir dans la cabine, le regard des clientes l'a tuée. Collants, chaussures qui vont aussi bien avec une robe qu'un pantalon, veste dernier cri, la voilà dans son auto chic.

Parking souterrain.

Grands magasins.

Jouer des coudes pour attraper les modèles repérés et déjà essayés.

Peu de queue aux caisses, il n'est que 10 heures dix.

 

Mercredi.

10 heures. Écouteur sur les oreilles, Pauline attend,l'air détendue, dans le magasin impeccablement rangé. Pourtant elle a failli ne jamais arriver. Son train de banlieue a été annulé sans explications, puis le R.E.R. était bondé, elle a du forcer pour entrer. Et un c... de groupe de touristes a bloqué les tripodes à la sortie aux Halles. Charmes de la vie parisienne...

 

11 heures, on ne peut absolument plus circuler dans les rayons, Pauline est en réserve, elle et son collègue fournissent sans cesse les modèles demandés via leurs écouteurs par les vendeurs du magasins. Heureusement ils s'entendent bien, la responsable du magasin a su souder son équipe. 

 

Mercredi.

Deuxième magasin. Dans celui-là, Léa n'a pas eu le temps d'essayer les modèles avant.

Déjà la queue, la bousculade, elle s'énerve contre une vendeuse.

« Seulement trois articles en cabine, Madame, s'il vous plaît »

Depuis l'ouverture, c'est la centième fois qu'elle répète la consigne, pourtant placardé en gros.

Léa est la reine du monde, son régime a payé, elle rentre dans la taille tant convoitée.

Cinq gros sacs en main, Léa s'installe au café pour attendre ses copines.

Deux heures plus tard, après un bon repas, elles se ruent dans les rayons en rigolant comme des collégiennes.

 

20h30.

Marc rentre chez lui. Les lumières sont allumées, mais il n'y a personne.

Il troque son costume contre une tenue décontractée.

Il entame un saucisson, feuillette le courrier.

21 heures, Léa rentre, le cheveu en bataille, claque la porte, balance ses chaussures à travers le salon et dit:

« Tu es déjà là ? Oh, dis moi, toi qui es chaussé, peux-tu aller me chercher les sacs qui restent dans ma voiture ? Je suis morte.

Marc soupire. Préfère y aller que d'argumenter.

Léa est heureuse de lui montrer toutes les « merveilles » qu'elle a achetées. Deux fois il a tenté de lui dire que cette jupe ressemblait comme deux gouttes d'eau à celle qu'elle avait déjà ou que ce pull lui était étrangement familier, mais …

Inutile de demander s'ils vont manger ce soir, elle l'embrasse, lui dit qu'elle n'a pas faim et va s'enfoncer moelleusement dans son bain moussant.

 

Mercredi.

15 heures, pause déjeuner.

Faire la queue au Mac Do. Oublié sandwich dans train.

Boire.

Mal aux pieds.

Trop de bruit, trop de monde, s'allonger... non, retourner bosser.

 

17 heures.

Une vendeuse a tourné de l'œil. Pauline la remplace dans le magasin.

C'est un vrai champ de bataille. Boites éventrées, paires dépareillées, bourrage en papier des chaussures et des sacs jonchent les allées, personne n'a le temps de les ranger.

 

20h30.

Affalée sur le divan devant la télé, les pieds dans une bassine d'eau salée tiède, Pauline boit des litres et des litres de jus d'orange, en pianotant distraitement sur son ordinateur portable.

« Vivement dimanche !

- Parce qu'il y aura moins de monde ? Ai-je demandé à ma fille.

- Non, parce que je suis payée le double. »

malauxpieds.jpg

 

Jeudi

5 heures du matin.

Lumière Céleste remonte l'édredon sur le cou de Fils Espéré et chausse ses baskets avachis. Elle prend le premier bus bondé qui la conduit à l'usine.

Comme tous les jours elle coudra les pièces de vêtements voués à l'exportation, loin de se douter des prix exorbitants qu'ils sont vendus (même en solde) en Europe. Elle aurait bien besoin d'un manteau.

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createrres

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