Je ne fais pas de tour, je préfère travailler aux colombins ou à la plaque.
Les colombins : on prend un peu de terre, on la roule en tronçons, en boudins plus ou moins longs, plus ou moins épais, selon le travail qu'on
veut faire. Comme de gros vers de terre.
On pose les colombins les uns au dessus des autres, en les liant entre eux aux doigts ou avec un instrument. Moi je préfère le contact direct, plus sensuel. On peut varier les diamètres des objets,
comme au tour, d'un colombin à l'autre. Cela peut prendre plusieurs séances, on enferme soigneusement le travail entre chaque phase, il ne faut pas que ça sèche! Pour l'instant, c'est trop humide
pour fignoler.
Puis on lisse à l'estèque, on fait sécher une semaine sous plastique moins fermé. Après, il faut lisser encore, on peut évider, graver, faire des tas de fioritures, à ce stade là.
Après on fait sécher à l'air libre, sur une planche couverte d'un plastique. Une semaine après, on ponce. Ah, c'est là que tout se corse, car attention à la casse. C'est une phase très délicate,
très importante que les débutants n'aiment pas en général. Mais du ponçage dépend la qualité de l'émaillage ensuite!
Après cet ultume finition, on passe à la cuisson. Ah là aussi, émotion, car si la pièce n'est pas assez sèche ou si elle a une bulle d'air ou si elle est fendue, elle peut éclater à la cuisson...
et aussi faire péter les pièces des copines d'à côté, d'où l'importance d'avoir de sympathiques ateliers où tout le monde est indulgent!
Après? Eh bien on n'est pas obligé d'émailler. Les crèches que j'ai vendues n'étaient pas émaillées. Tout dépend des pièces, de leur style, de la terre qu'on a utilisée. L'émaillage se fait
au pistolet ou au pinceau, mais c'est une phase délicate, les poudres peuvent être plus ou moins dilluées pour forcer sur la couleur. On n'insistera jamais assez sur l'importance d'avoir du bon
matériel... coûteux.