(redif de 2009) Nous avons pu admirer des plantations de thé en Chine, mais elles sont assez différentes selon la région, le sol, selon le relief, selon qu'elle sont biologiques ou non.
Nous nous sommes arrêtés près de Chengyang pour observer le travail des ouvrières récoltant les sommités de ces kilomètres de buissons. Elles n'étaient pas aimables, contrairement à tous les chinois que nous avons croisés, sûrement la pénibilité de leur travail fastidieux en plein cagnard, sous leurs chapeaux. Les rangs sont serrés, il ne faut pas être un américain obèse pour y passer! Selon qu'on cueille le bourgeon et la première feuille ou plus de feuilles le prix varie. Il y a jusqu'à 4 récoltes par an.
Après, un jeune homme que je trouvais vraiment très beau, au visage raffiné, (tous les George Clouney et autres Guillaume Canet peuvent aller se rhabiller, ce sont des hommes de cro magnon à côté) nous a expliqué en chinois, traduit par la guide, les grandes lignes de la culture du thé, de sa cueillette et de sa préparation. Selon Wikipédia: "Selon la légende chinoise, l'utilisation du thé comme boisson serait apparue en l'an 2737 avant notre ère, quand des feuilles se seraient détachées d'un arbre pour tomber dans l'eau chaude de l'Empereur Shennong. Des récipients à thé datant de la dynastie Han (de -206 à 220) ont été retrouvés, mais c'est sous la dynastie des Tang (618 - 907) que le thé a été clairement identifié comme la boisson populaire."
Là encore, nous avons pu toucher du doigt la poésie de la langue chinoise. Le thé se nomme: sourcil de vieil homme, poudre à canon, pointe duveteuse de montagnes jaunes, puits du dragon, spirale de jade au printemps, le meilleur des singes de Tai Ping, selon les différentes sortes (vert, noir, fermenté, origine ...) Une jeune fille nous a fait une démonstration dans un chaudron en cuivre où elle torréfiait du thé en le mélangeant à la main au dessus d'un feu de charbon. Tous les thés ne sont pas chauffés ainsi, le thé blanc ne l'est pas.
Puis nous les avons suivi dans une salle climatisée (ouf!) où comme un seul homme, nous nous sommes tous assis... sur la table que nous prenions pour un banc!
Dans un silence religieux nous buvions... les paroles du jeune homme qui nous expliquait les différents manières de préparer le thé selon sa spécificité. Par exemple pour le thé vert l'eau doit être à 70°, pas bouillante comme la plupart d'entre nous le font.
Il nous a aussi expliqué les bonnes manières à nous, les sauvages occidentaux. Hé oui, la manière de tenir son bol de thé varie selon qu'on est homme ou femme! Autant vous dire que je n'ai rien retenu, mais on s'est exercés au début avec une application qu'auraient bien aimé obtenir nos instituteurs quand nous étions écoliers!
Mais plus le temps passait, plus il nous faisait goûter des thés extrêmement différents, moins nous buvions de manière distinguée, déformant, puis oubliant les gestes. Je peux me tromper, mais j'ai l'impression que les Chinois sont très jaloux du raffinement des japonais et ces deux pays tirent la couverture à eux pour l'origine des cérémonies du thé. Chaque thé correspond à un but précis: lutter contre les migraines, empêcher ou du moins ralentir la maladie d'Alzeimer (vert), etc...
Encore merci Wikipédia: "Le Pu-erh ou Puer (chinois: 普洱茶; pinyin: pǔ'ěr chá) est un thé post-fermenté qui doit son nom à la région de Pu'er, dans la province chinoise du Yunnan. Contrairement aux autres thés qui doivent être consommés peu de temps après leur production, le pu-erh peut être conservé jusqu'à 50 ans (l'âge moyen se situe entre un et quatre ans). Il acquiert pendant ce temps une saveur terreuse due à la fermentation. Le pu-erh ne perd pas ses qualités en vieillissant d'une année ou deux et les dégustateurs le classent en fonction de l'année de production. Le pu-erh est considéré en Chine comme une boisson médicinale. Dans la région de Canton, on le sert fréquemment lors d'un dim sum car il est réputé faciliter la digestion. Il est vendu en Europe dans les commerces d'"alimentation naturelle" sous le nom de thé du Yunnan ou de Tuo Cha; l'argumentaire affirme que ce thé rouge contribue à réduire le niveau de cholestérol et d'acides gras saturés et pourrait aider à la perte de poids."
Après une halte ...aux toilettes
(encore hyper propres!) nous avons déambulé dans la boutique et j'ai pris quelques photos de matériel à thé.
Bien sûr les prix étaient élevés, mais j'ai quand même pu acheter une boite de thé en groupant mon achat avec deux autres touristes, j'ai eu cette petite théière gratuite:
J'ai bien regretté de ne pouvoir acheter le thé compressé, c'est celui qui avait le plus de goût, il était présenté dans une jolie boite avec un couteau spécial et le sceau en relief. Mon ministre des finances trouvait le prix prohibitif, il n'a même pas voulu marchander.
Vraiment cette visite m'a ravie, elle était très intéressante.