Bonjour, Vous trouverez ici tous les objets en terre (émaillée ou non) que je confectionne, qu'ils soient décoratifs ou utilitaires. Vous verrez aussi les porcelaines industrielles... que je peins. Bonne visite et merci pour vos commentaires.
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Dans ce livre, la fille raconte sa vie en Belgique et en Amérique où elle est partie après son bac pour continuer ses études. La mère savait que le Viêt-Nam serait abandonné par les USA et qu'elle ne reverrait peut-être pas sa fille. Elle a choisi de rester et de la faire partir.
Je vous laisse méditer sur ce passage du livre, au moment où la mère, après bien des déconvenues, a finalement choisi et réussi à quitter le Viet-Nam et a rejoint sa fille aux USA.
C'est la fille, étudiante, qui parle.
"C'est terrible, le silence. Système de protection tous azimuts -de soi, de l'autre, de tout-, il se traduisait dans la bouche de ma mère par le "plus tard tu compredras" qu'elle opposait à mes questions d'enfant. Petite, j'étais impuissante à le briser, puis j'ai appris à vivre avec, et aujourd'hui, je suis tout bonnement en train de m'y engager, de mettre mes pas dans les tiens, Maman.
Mais comment te dire l'évidence: nous ne pouvons pas vivre ensemble. Parce que nous ne l'avons jamais fait. Derrière ton dos, j'ai fait un calcul. J'ai mis bout à bout les morceaux de temps vécus près de toi depuis les vingt-trois années et demie que j'existe, et en tenant compte des mois dans le maquis, je suis arrivée à à peine quatre ans. Que veux-tu, le pensionnat et passé par là, puis la Belgique, et enfin l'Amérique, sans oublier ton exil d'un an au Japon pour pleurer la mort de mon demi-frère.
Je ne t'en veux pas, Maman, c'est comme ça. On ne fait pas ce qu'on veut quand son pays est en guerre, disais-tu à ta petite fille pour lui expliquer tes absences, quand cela t'arrivait de le faire, et la petite fille comprenait très bien. Il y avait bien ses lectures d'enfant qui lui apprenaient que la vie pouvait être différente dans d'autres pays, mais alors, elle se disait: "Bah, c'est Ailleurs, c'est forcément différent d'ici Ailleurs !"
Ailleurs, nous y sommes, mais rien n'a changé. Il n'y a pas d'Ailleurs pour ceux qui n'oublient pas, pour toi."
"Soleil fané", par Tuyêt-Nga Nguyên, éditions Luc Pire.
C'est un passage que je trouve poignant parce que la fille ne veut pas oublier son pays natal, mais elle refuse de continuer à vivre dans le drame, contrairement à sa mère qui s'est exilée, non pas pour vivre autre chose, mais pour défendre de loin, depuis un pays où on a la liberté d'agir, les opprimés restés sous un régime totalitaire, elle s'occupe aussi des réfugiés (boat people) à leur arrivée aux camps U.S..
Ce passage est à la fin du livre. Ce livre décrit l'évolution de la fille, dans les années 1970, son envie de comprendre cette guerre du Viet-Nam orchestrée d'une part par les Français, puis les Américains, et d'autre part par les Soviétiques et les Chinois. Guerre fratricide entre le Nord Viet-Nam et le Sud Viet-Nam.