Bonjour, Vous trouverez ici tous les objets en terre (émaillée ou non) que je confectionne, qu'ils soient décoratifs ou utilitaires. Vous verrez aussi les porcelaines industrielles... que je peins. Bonne visite et merci pour vos commentaires.
Gazou a déjà parlé de ce livre, mais je prends le relais car il mérite d'être lu. Kim Thùy parle de sa vie de boat people et de son adaptation à l'occident.
"Les autres, qui avaient coulé pendant la traversée, n'avaient pas de nom. Ils sont morts anonymes. [...] Alors nous nous sentions bénis d'être parmi les deux mille réfugiés de ce camp qui n'en devait accueillir que deux cents." [...]
Elle raconte comment ils se sont construit une cabane branlante dans ce camp, avec les sacs de riz. Puis:
[...]"Nous dormions tellement collés les uns aux autres que nous n'avions jamais froid[...]Les jours et les nuits de pluie, la toile laissait couler l'eau à travers les trous."
"Malgré toutes ces nuits où nos rêves coulaient sur la pente du plancher, ma mère a continué à ambitionner un avenir pour nous. Elle s'était touvé un complice. Il était jeune et certainement naïf, puisqu'il osait afficher joie et désinvolture au milieu du vide monotone de notre quotidien. Ensemble ma mère et lui ont monté une classe d'anglais. Avec lui, nous avons passé des matins entiers à répéter des mots sans les comprendre. Mais nous étions tous au rendez-vous, parce qu'il réussissait à soulever le ciel pour nous laisser entrevoir un nouvel horizon, loin des trous béants remplis d'excréments accumulés par les deux mille personnes du camp. Sans son visage, nous n'aurions pas pu imaginer un horizon dépourvu d'odeurs nauséabondes, de mouches, de vers. Sans son visage, nous n'aurions pas pu imaginer qu'un jour nous ne mangerions plus de poissons avariés, lancés à même le sol chaque fin d'après-midi à l'heure de la distribution des vivres. Sans son visage, nous aurions certainement perdu le désir de tendre la main pour rattraper nos rêves."
Tout ce livre est empreint de poésie, Kim Thùy a une manière si musicale de raconter son épopée qu'on ne peut s'arrêter de lire son livre.